Partir vivre ailleurs avec sa famille, du rêve à la concrétisation

Partir vivre ailleurs en famille, comment bien concrétiser son projet

Au 1er janvier 2020, près de 2 millions de français* étaient recensés dans les consulats étrangers. Principalement en Europe mais également aux Etats-Unis, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. 49.3% de ces expatriés ont entre 25 et 60 ans*. Il s’agit donc de personnes adultes ayant pour la plupart une famille et un travail. Si cette envie de partir vivre ailleurs fut longtemps le rêve de la jeune génération, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Même avec une bonne situation professionnelle et familiale, de moins en moins de personnes hésitent à tout plaquer pour partir vivre ailleurs. Besoin d’un renouveau, une envie de vivre au soleil, se lancer un nouveau challenge etc. les raisons sont multiples. Déménager en famille ce n’est pas partir du jour au lendemain avec pour seul bagage un sac à dos et des rêves plein la tête. Partir avec des enfants demande de la réflexion et une certaine organisation. Si cette envie de « changement de vie » vous trotte dans la tête, voici quelques conseils pour concrétiser au mieux votre projet.

Bien choisir votre destination

S’il s’agit d’une opportunité professionnelle ou d’une mutation, le choix peut être restreint. Mais s’il s’agit d’une envie personnelle, le monde s’offre à vous! Attention toutefois à bien choisir votre destination. Cette étape est primordiale. Vous ne partez pas seul, vous embarquez votre partenaire et vos enfants dans l’aventure. Réfléchissez donc bien à tous les points. Aucune montagne n’est infranchissable mais se retrouver au fin fond d’un village où personne ne parle votre langue, où le taux de chômage explose tous les plafonds et où les premières écoles sont à 100 km, c’est quand-même plus compliqué! Pensez bien à la barrière de la langue, aux possibilités pour le travail, à la scolarité, au prix de l’immobilier, etc. Certains pays sont plus réfractaires à l’arrivée d’étrangers sur le territoire ou exigent l’obtention d’un visa. Prenez bien tous vos renseignements et n’hésitez pas à chercher sur internet des blogs d’échanges entre expatriés. Les personnes ayant sauté le pas sont souvent ravies de partager leur expérience, qu’elle soit positive ou négative. Enfin, si vous en avez la possibilité, partez en « voyage découverte » là où vous pensez vous installer pour valider votre choix à 100%.

Procéder avec ordre et méthode dans vos démarches

Haaaa… la joie des démarches administratives et autres! J’avoue, ce n’est pas le meilleur moment. On se dit souvent « bien vite dans 6 mois qu’on soit là-bas et que tout ça soit derrière nous« . Mais pas le choix, il faut y passer! Prévoyez de longues soirées à remplir des papiers, à faire des recherches sur Internet et de nombreuses nuits blanches. Voici une petite check-list non exhaustive de ce qui est à prévoir:

Quitter votre logement actuel

Que vous soyez propriétaire ou locataire il faut bien prévoir votre départ. Dans le premier cas, deux choix s’offrent à vous: revendre ou louer votre bien. Si vous prévoyez de vendre, attention personne ne peut prédire le temps que cela prendra. Soit vous passez par une agence immobilière soit vous revendez de particulier à particulier. Personnellement j’ai vendu ma maison en 4 jours avec une simple annonce sur Facebook! Prenez contact avec un notaire qui vous indiquera la marche à suivre et vous fournira les bons documents.

Si vous désirez louer votre bien, rendez-vous sur le site officiel de l’administration française où vous trouverez toutes informations nécessaires quant à vos droits et obligations ainsi que les documents légaux. Attention! Réfléchissez-bien à la gestion de la location si vous partez vivre à des milliers de kilomètres…

Si vous êtes locataires, prévenez votre propriétaire de votre départ par lettre recommandée avec accusé de réception en respectant le délai de préavis. Ce délai est généralement de 3 mois et peut être écourté dans certains cas.

Vous débarrasser de votre voiture, des objets lourds et encombrants

Il est parfois plus économique de racheter une voiture, des meubles et l’électroménager sur place que de payer leur déménagement. Pensez donc bien à prévoir leur mise en vente à temps. Il existe aujourd’hui tout un tas de sites qui permettent de revendre facilement vos affaires. Leboncoin et Marketplace fonctionnent très bien. Mettez également des petites annonces au boulot et faites fonctionner le bouche-à-oreille.

Trouver un travail sur place

On ne peut malheureusement pas vivre d’amour et d’eau fraîche… même si vous partez vivre en bord de mer il vous faudra bien travailler. Chaque cas est particulier, il m’est impossible de lister tous les cas de figure. Vous pouvez demander une mutation, vous pouvez chercher un travail en tant que salarié, monter une entreprise à l’étranger. Le changement de vie personnelle entraine généralement un renouveau professionnel. Si vous en avez les moyens, prenez peut-être le temps de faire un bilan de compétences.

Enfin sachez qu’il existe des aides et des droits au chômage dans le cadre d’un départ à l’étranger (pour un suivi de conjoint par exemple). Renseignez-vous auprès des administrations adéquates selon votre situation.

Trouver un logement sur place

S’il s’agit d’une mutation votre employeur peut s’en charger. Si ce n’est pas le cas, sachez qu’il est très difficile de trouver un logement sans contrat de travail. Vous pouvez commencer par louer un meublé pour quelques mois. Sur place il vous sera beaucoup plus facile de trouver un logement à long terme. Et puis ça vous évitera très certainement de mauvaises surprises.

Prévoir le déménagement

Déménager à l’étranger, ce n’est pas déménager dans le village d’à côté et ça représente un sacré budget. Vous pouvez difficilement vous contenter des copains prêts à venir donner un coup de main. Pour emmener vos affaires à des milliers de kilomètres, faites appel à des professionnels. Certaines sociétés de déménagement sont spécialisées dans le déménagement à l’international. Un conseil, faites appel à plusieurs sociétés et comparez les devis, vous serez parfois étonnés! Prenez en compte le service, les assurances, le délai etc.

Régler toutes les démarches administratives

Le plus chouette! Evidemment c’est ironique… Il y a un tas de papiers et de formulaires à remplir lorsque l’on déménage à l’étranger et il vous faudra faire preuve de patience et d’indulgence avec certaines administrations.

Pensez bien à prévenir les autorités du pays que vous allez quitter de votre départ. En effet, vous devez être « radiés » de la population. À votre arrivée à l’étranger, il vous faudra par contre vous inscrire au consulat de France (ou autre si vous n’êtes pas français) pour signaler votre présence sur le territoire.

Pensez à prévenir le service des impôts, la CAF, votre assurance maladie, votre mutuelle etc.

Prévenez également les compagnies d’assurance avec lesquelles vous avez un contrat. Et pensez bien évidemment à souscrire de nouvelles assurances dans votre pays d’accueil.

Si vous pouvez bénéficier d’une aide de Pôle Emploi, entamez les démarches à temps.

Prévenir vos proches à temps

Il n’est jamais évident d’annoncer à ses proches que l’on va partir vivre loin. Ils vous diront qu’ils sont très heureux pour vous et que ce qui compte, c’est votre bonheur. Mais au fond, ils seront très tristes de vous voir partir. C’est tout à fait normal. Vous vous sentirez « coupable » de leur infliger cette douleur et mille fois vous vous poserez la question « Est-ce que l’on fait bien? »

Il est donc important de leur faire part de votre décision à temps afin qu’ils puissent s’y préparer. Ils pourront participer à l’avancement du projet et seront rassurés de voir que vous organisez tout au mieux pour vous et vos enfants.

Parlez-en avec vos enfants, c’est très important. Expliquez-leur pourquoi vous faites ce choix. Rassurez-les. Laissez-les passer du temps avec leurs amis et la famille. Discutez-en avec les professeurs et demandez éventuellement si vous pouvez préparer un petit exposé de votre projet pour la classe. Vos loulous seront très fiers d’expliquer à leurs copains ce qu’ils vont vivre.

Grâce à la technologie nous pouvons facilement rester en contact tout en vivant loin les uns des autres. Bien sur un Facetime ne remplacera jamais les bras réconfortants d’un parent ou d’une amie. Mais rassurez votre entourage en leur donnant régulièrement des nouvelles et gardez le contact!

Et en profiter une fois sur place!

Vous en avez tellement parlé, rêvé et vous y êtes! Il faut maintenant en profiter pleinement. Profitez de vos week-ends pour découvrir le coin. Au début vous aurez la sensation d’être en vacances tout le temps. Faites-vous plaisir et passez du temps en famille, faites en sorte que ça se passe bien pour vos enfants. Il n’y a plus que vous maintenant et votre cocon familial. Vous verrez que ça renforce les liens et décuple les sentiments.

Allez vous présenter à vos nouveaux voisins ou invitez-les à boire un verre à la maison. Grâce aux enfants et au milieu scolaire, grâce à leurs activités, vous ferez facilement connaissance avec de nouvelles personnes. Rappelez-vous toutefois que personne n’a demandé à ce que vous veniez vivre là donc c’est à vous de faire un effort, d’être souriant et ouvert à de nouvelles rencontres!

J’espère que cet article vous sera utile si l’idée de partir vivre ailleurs vous titille. Certaines étapes pour y arriver sont compliquées mais garder toujours votre but et votre rêve en tête! Personnellement cela fait 1 an que j’ai quitté ma Belgique natale pour vivre dans le sud de la France. Avec mon mari nous n’avons aucun regret. Si ce n’est peut-être celui de ne pas l’avoir fait plus tôt. Il faut foncer tant que les enfants sont petits, c’est plus facile. Ils ont une facilité d’adaptation époustouflante. Au bout de quelques semaines c’était déjà comme s’ils avaient toujours vécu ici. Bien entendu la famille et nos amis nous manquent mais nous faisons en sorte de nous revoir le plus souvent possible. Et puis nous avons la chance d’avoir fait de merveilleuses rencontres et de vivre là où nous rêvions d’aller. Alors si vous hésitez encore, je ne peux que vous encourager à sauter le pas ou plutôt… à sauter dans l’avion!

Il me tenait à cœur de vous partager les témoignages de trois merveilleuses mamans qui ont, elles-aussi, tout quitté pour partir vivre aux Etats-Unis, à Montréal et à Cuba. Encore un très grand merci à elles d’avoir accepté de me partager leurs expériences.

Tout d’abord rendez-vous avec Céline, belge, maman de trois enfants, qui est partie vivre près de San Francisco en octobre 2012

Bonjour Céline! Tout d’abord, un grand merci de nous partager ton histoire. Raconte-nous… Comment avez-vous atterri aux Etats-Unis il y a 8 ans alors que tu étais enceinte de votre troisième enfants?

Je ne dirais pas qu’on ait eu l’envie de tout quitter d’un coup. Cela s’est fait progressivement. Greg, mon mari, voyageait beaucoup pour le travail. Il était constamment dans l’avion pour les Etats-Unis ou le Canada. Il a eu l’occasion d’ouvrir un bureau à Montréal et m’a demandé si ça me tentait qu’on aille y vivre. Nous sommes donc partis passer un été en famille à la découverte du Canada. On a adoré ! Nous avons commencé les démarches à notre retour et avons reçu nos Visas quelques mois plus tard.  Mais trois mois avant le grand départ, Greg m’annonce que finalement ils se débrouillent très bien là-bas sans lui, et qu’il pense plutôt ouvrir un bureau à San Francisco !  Nous voilà repartis pour une nouvelle aventure 

Comment se sont passé les démarches administratives? Compliqué pour les Etats-Unis je suppose?

Administrativement, ça a été la galère!  D’autant plus que je suis arrivée enceinte de trois mois aux US et qu’il fallait que je fasse rapidement des examens médicaux sur place. Nous n’avions pas d’assurance santé américaine et avons découvert, lors de notre première visite au laboratoire, combien les frais médicaux pouvaient être exorbitants. On nous demandait de payer $6000 pour une prise de sang! (Heureusement, on vous annonce le tarif avant l’examen).  Il a donc fallu quelques jours supplémentaires afin d’obtenir la fameuse assurance médicale et de retourner au laboratoire sans avoir à payer quoique ce soit.

Toutes ces démarches administratives ont été un peu compliquées, la langue faisant barrière également, mais notre motivation était intacte et nous avons surmonté tout cela!

Comment la famille a-t-elle réagi à votre départ?

Notre famille a très bien réagi. Ils étaient contents pour nous et nous souhaitaient de vivre pleinement cette nouvelle aventure. Le départ a été difficile malgré tout. Pas facile de se dire au revoir en sachant qu’on ne se reverra pas avant plusieurs mois… La Californie, c’est un peu le bout du monde. Mais heureusement, grâce aux technologies actuelles, nous pouvons nous appeler et nous « voir » tous les jours si nous le souhaitons.

Comment se passe votre vie là-bas? Ca fait 8 ans maintenant mais au début, ce ne fut pas trop difficile de s’adapter à une autre culture?

Notre nouvelle vie se passe très bien! Il nous aura fallu quelques semaines d’adaptation, quelques mois le temps de maîtriser l’anglais (surtout pour les enfants qui ne connaissaient pas un mot en arrivant ici) et le temps de faire quelques rencontres mais nous nous sommes très vite beaucoup plu ici. Le climat est parfait, le ciel est bleu pratiquement toute l’année. Nous vivons entre mer et montagne, entourés de collines et de forêts. Les paysages sont à couper le souffle! Les américains sont très gentils et respectueux, ça nous a beaucoup impressionné à notre arrivée. Nous nous sommes rapidement faits de nouveaux amis, des expatriés pour la plupart.  Evidemment, notre famille et nos amis belges nous manquent beaucoup. Certains jours sont un peu difficiles, comme les anniversaires ou réunions de famille auxquels nous ne pouvons assister. Mais nous avons la chance de rentrer en Belgique chaque été et d’avoir plusieurs visites tout au long de l’année. 

Je terminerai par te demander… Et si c’était à refaire?

Si c’était à refaire? On recommencerait tout de suite, sans hésiter

Partons maintenant à la rencontre d’Hélène, maman de deux enfants, qui a quitté la France le 9 novembre 2017 pour l’île de Montréal (ça semble exotique dit comme ça…)

Bonjour Hélène, tout d’abord pourrais-tu me dire comment vous est venue l’idée de tout quitter pour partir vivre à l’étranger? Quel a été l’élément déclencheur?

Mon mari et moi avions déjà vécu à l’étranger dans le cadre de nos études, quand nous étions jeunes et nous avions toujours gardé l’espoir de pouvoir revivre cette expérience avec nos garçons. Alors que nous avions cette idée dans le creux de nos têtes, un jour mon mari a eu une opportunité au sein de sa société pour des postes à l’étranger. Nous avons fait notre « sélection » en fonction des destinations car nous voulions avant tout un pays dans lequel nous nous sentirions en sécurité et où nous pensions bien nous adapter. C’est ainsi que le Canada est arrivé au top de notre liste. Professionnellement, nous commencions à tourner en rond tous les 2 donc cette opportunité tombait à pic et cela nous a encouragé à franchir le pas. Nous n’avions rien à perdre. 

Comment se sont passé les démarches administratives? Pas trop le parcours du combattant?

Les démarches ont été prises en charge par la compagnie de mon mari, nous devions fournir les documents et informations administratives, lettre de motivation…  La partie la moins évidente a été la validation du visa de travail, car celui-ci ne serait validé qu’une fois arrivé au canada…. Mais pour nous l’arrivée au Canada était la phase terminale car nous devions tout vendre et tout quitter avant. Autrement dit, période très stressante car si le visa était refusé, nous n’avions plus rien! Plus de maison, plus de job, plus de voiture et toute notre vie était dans un conteneur en route pour Montréal. Fort heureusement nous étions accompagnés de professionnels et tout s’est très bien passé. Mon mari a été faire valider le visa de travail peu de temps avant le grand départ, ce qui a allégé le stress du départ. 

Aujourd’hui, notre visa de travail est sur le point d’expirer et avec la covid, notre demande de résidence permanente a pris du retard…donc nous avons demandé une extension du visa.  La demande est en cours…. la situation est sécurisée, par contre en attendant que celle-ci soit validée nous ne pouvons pas sortir du pays. Le statut de migrant ou nouvel arrivant, comme on dit ici, est une situation assez inconfortable car tout peut changer du jour au lendemain! 

Comment la famille a-t-elle réagi à votre départ?

Mes parents m’ont toujours dit qu’ils ne m’avaient pas mise au monde pour me forcer à rester à leurs côtés….. mais les séparations restent difficiles. Nos familles ont été surprises oui et non je dirai. Quand j’avais dit à mon frère que j’avais une nouvelle à lui annoncer il a très vite compris que c’était un nouveau déménagement…. ce qui serait mon 8ème déménagement depuis le début de ma vie active. Mais depuis l’âge de 18 ans nous n’habitions plus chez nos parents respectifs mon mari et moi et nous bougions pas mal chacun de notre côté pour les études, les voyages, le travail…. Une fois en couple, nous n’avons jamais habité à moins de 3h de route de nos familles respectives. Donc nous avions déjà l’habitude de ne pas aller manger le rôti tous les dimanches chez les parents ou beaux-parents et de communiquer par mail et téléphone. 

Nos garçons, âgés de 9 et 7 ans lors du déménagement, étaient enthousiastes à l’idée de cette nouvelle aventure tous les 5 (eh oui notre chien de 1 an allait faire partie de l’aventure à part entière). Le départ de l’école ne fut pas évident, quitter les amis qu’ils connaissaient depuis leurs 2 ans était dur! 

Alors, comment se passe votre nouvelle vie? Vous êtes-vous fait facilement de nouveaux amis? Les enfants se sont bien adaptés?

Nous avons bien mis 1 an pour nous stabiliser (3 déménagements en 5 mois), trouver nos marques, nous remettre de ce changement de vie, pour apprendre à vivre avec les conditions climatiques différentes de celles que nous connaissions (eh oui le -40C en ressenti était une 1ère pour nous), il y a eu des moments pas évident voir difficiles mais on savait que nous pouvions compter les uns sur les autres , comme nous l’avions toujours fait, et le soutien des amis malgré la distance a aussi été une aide précieuse…

Une fois arrivé à Montréal, notre grand a mis au moins 1 an avant d’arrêter de dire qu’il voulait retourner en France… Son groupe d’amis lui manquait et il avait besoin de temps pour retrouver ses marques au sein d’une nouvelle école. A l’opposé notre 2ème garçon était canadien au bout de 48h… Il nous a impressionné! Au bout de 2 semaines, il allait soutenir l’équipe de hockey de Montréal et disait préféré le Canada à la France.

Les garçons ont pu se constituer un cercle de bons amis et se sentent bien là où ils sont désormais. C’est eux qui nous ont amenés les 1ers mots québécois à la maison! Nous avons eu la chance d’avoir eu le contact de quelques personnes à Montréal avant que nous y arrivions et cela nous a aidé à mieux comprendre certaines choses et de développer de belles amitiés. Nous nous sommes constitués un petit cercle d’amis via le travail, les activités sportives, les amis d’amis etc. Nous habitons dans un super quartier avec des voisins exceptionnels et aidants. Nous ne nous sentons pas seuls et isolés. 

Nous sommes arrivés dans le but de nous intégrer et d’apprendre à vivre au Canada et non pas d’arriver en imposant notre façon de vivre. Nous apprenons chaque jour et il y a tellement à découvrir que nous ne sommes pas au bout de nos surprises! 

Et ma dernière question… Et si c’était à refaire?

Déménager, remplir la moitié d’un conteneur de la vie de toute ta famille n’est honnêtement pas évident. Psychologiquement je pense qu’il faut être prêt… Dans notre cas, c’était un départ sans retour! Manquer les anniversaires de tes neveux et nièces, se faire appeler « madame » par ta nièce qui avait 1 an quand tu es partie, manquer les Noëls en famille, prendre l’avion en catastrophe parce que ta mamie est décédée, soutenir à distance quand un être cher est malade et se préparer au pire. Tout cela n’est pas évident à vivre! 

D’un autre côté, nous avons eu énormément de visites, bien plus que quand nous vivions dans le Nord de la France! J’ai même retrouvé à Montréal une amie d’université qui est venue s’installer avec sa famille il y a un peu plus d’un an. 

Nous avons découvert un autre mode de vie, une autre qualité de vie et les garçons auront la chance d’avoir une 2ème culture et une ouverture d’esprit qui les aidera pour l’avenir, j’en suis certaine.

S’il fallait le refaire, sans aucun doute OUI nous le referions. Et qui sait ce que la vie nous réserve… nous le referons peut-être à l’avenir pour une autre destination! 

Je prends maintenant la direction de Cuba pour y rencontrer Claire, maman de 2 enfants de 7 et 9 ans. Claire a quitté la France en 2017 pour s’installer à Cuba. Changement de vie garanti!

Bonjour Claire! Alors… comment vous est venue l’idée de tout quitter pour partir vivre à Cuba?

Nous souhaitions quitter la région parisienne et son rythme frénétique. Nos enfants étaient encore jeunes à l’époque et nous étions débordés par nos emplois respectifs. Nous étions tout le temps fatigués et nous avions l’impression de passer à côté de leur enfance. Mon mari a alors eu une opportunité professionnelle et a été muté à Cuba. 

Dans votre cas, comment se sont passé les démarches administratives?

C’est l’entreprise qui a géré toutes les démarches administratives, nous n’avons rien eu à faire. 

Comment la famille a-t-elle réagi à votre départ?

A l’annonce de notre départ, nos familles ont eu un choc, elles n’ont pas trop compris notre choix de partir si loin… 

Je suppose que la vie à Cuba est bien différente… Comment avez-vous géré cette adaptation? Ca n’a pas été trop compliqué pour les enfants?

Nous sommes arrivés à Varadero, petite station balnéaire de Cuba, le 1er février 2017. Ce fut un total choc pour nous. Tout d’abord car nous étions logés dans une petite maison à l’intérieur-même d’un hôtel. Nous avons donc appris à vivre au quotidien parmi les touristes. Notre maison était située à-même la plage, ça nous changeait totalement du bitume parisien ! 

Nos enfants ont intégré une petite école gérée par l’entreprise de mon mari. Ils étaient 2 ou 3 par niveau. Ils ont donc gouté aux joies de l’enseignement particulier. Mais ils ont aussi ressenti une certaine solitude puisqu’ils étaient peu nombreux. Mais, dès qu’ils rentraient à la maison, on pouvait aller à la plage et à la piscine.  

Nous sommes restés 1 an et demi à Varadero et ce fut pour eux une période très heureuse. 

Pour ma part, ce fut dans un premier temps assez difficile d’assumer de ne plus travailler. Il a fallu accepter de vivre « aux crochets » de mon mari. Mais j’ai retrouvé le plaisir de passer du temps avec mes enfants. 

J’ai aussi découvert un pays exclu de la société de consommation. A cette époque-là, nous n’avions pas accès à internet à la maison, ni même sur nos téléphones. Il nous fallait donc aller dans certains endroits pour pouvoir nous connecter. Nous étions comme coupés du monde.  

Faire les courses est devenu un cauchemar pour nous. Cuba est un pays pauvre, dans lequel il est difficile de se procurer de la nourriture ou tout autre produit de grande consommation. Nous avons donc revu nos exigences de consommateurs européens à la baisse. Nous avons été contraints à consommer et manger différemment. 

En septembre 2018, mon mari a été muté à La Havane, nous avons quitté notre petit paradis et rejoint la capitale. Nous avons découvert un autre mode de vie à la cubaine, avec plus de magasins, plus de restaurants et une école avec beaucoup plus d’enfants.  

A ce moment-là, j’ai décidé de reprendre une activité professionnelle et j’ai entamé une reconversion en tant qu’enseignante.  

A Varadero comme à La Havane, nous avons rencontré de nombreuses personnes, avec lesquelles le courant est bien passé… ou pas… Je peux dire aujourd’hui que j’ai rencontré certaines personnes à Cuba avec lesquelles je garderai un lien fort. L’expatriation a tendance à resserrer les liens. Quand on est loin de ses amis, de sa famille, on cherche à créer des liens avec ceux qui nous entourent. 

Et malgré tout ça, si c’était à refaire?

Aujourd’hui, cela fait donc bientôt 4 ans que nous avons commencé l’aventure cubaine. Il y a des hauts et des bas. C’est une vie très différente de celle que l’on connaissait avant. Mais, si c’était à refaire, je le referai sans hésiter car nous avons appris à nous recentrer sur notre famille, et aussi à quitter le monde de la surconsommation que nous connaissions dans les pays développés. En revanche, nos amis et nos familles de France nous manquent beaucoup. 

Un très grand merci à Céline, Hélène et Claire pour le temps qu’elles m’ont consacré. Comme je vous le disais dans mon article, le parcours pour atteindre votre rêve peut sembler compliqué parfois, ces témoignages le montrent bien. Mais vous n’aurez aucun regret, alors foncez!

N’hésitez pas à partager mon article et rendez-vous sur ma page Facebook et mon compte Instagram @lesmoments_cha pour d’autres moments Cha.

* Sources: https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/

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